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Miserere
Saint-Ursanne, Collégiale Dimanche 21 février 2010 à 17h, organisation: AMO Musiques françaises et italiennes du XVII ème siècle Clérambault, Couperin, Cazzatti, Carissimi, Graziani, Grandi Ensemble baroque Eloquence Catherine Padaut et Léonie Renaud, soprani Cassandre Stornetta, alto Benoît Arnould, basse Emmanuelle Guigues, viole de gambe Rémi Cassaigne, théorbe Gabriel Wolfer, orgue Petit choeur de femmes
Louis-Nicolas Clérambault «Miserere» Chœur à trois voix de femmes (1676-1749) et continuo François Couperin «Elévation», pour basse, soprano et continuo (1668-1733) Maurizio Cazzati «Factum est praelium magnum » (1616-1678) «Dulcis amor» «In calvaria rupe» pour basse et continuo Giacomo Carissimi «O vulnera doloris», pour basse et continuo (1605-1674) Alessandro Grandi «Jesu mi dulcissime» (1577-1630) pour soprano et continuo
«Nigra sum», pour 2 soprani et continuo Bonifacio Graziani «Salve Regina», pour soprano et continuo (1606-1664)
Le programme proposé commencera à Versailles, ou plus précisément à St-Cyr ou Clérambault était compositeur à la Maison Royale d’Education. A l’époque, ce poste lui avait donné l’occasion de créer pour les jeunes filles, des œuvres à une ou deux voix, avec la basse, où alternent le chœur et les récits. Le fameux « Miserere », qu’on ne trouve qu’en bibliothèque, est une œuvre d’envergure pour chœur de femmes et basse continue, qui met en musique le psaume 51. Clérambault atteint le sommet de son art dans cette composition pleine de d’expression et de beauté mais aussi d’extrême tension et de gravité. Aux côtés du théorbe et de la viole de gambe, c’est le grand orgue historique, de style français lui-même, qui assurera l’accompagnement. La partie française s’achèvera par une « élévation » pour basse et soprano de François Couperin, servie par les voix sublimes de Benoît Arnould et Catherine Padaut. Arrivera ensuite une grande partie italienne, consacrée à Carissimi, Grandi et Cazzati, trois compositeurs représentatifs de la « seconda prattica », cette nouvelle idée que la musique doit « exprimer les passions de l’âme » et qui voit le jour avec Monteverdi en Italie, sur fond de polémique. La Seconda Pratica, ainsi nommée par l’auteur lui-même, rompt avec l’ancienne manière de composer dont le principal ambassadeur était Palestrina. Désormais, le compositeur doit être absolument libre de servir l’expression des passions et des idées. Le drame, la passion, la colère, en opposition avec la joie ou la sérénité sont chaque fois exprimées de façon intense. Dans ce répertoire, les instrumentistes réalisent le continuo en fonction des affects, soulignant le texte. L’un italien l’autre français, l’un au chœur de la collégiale l’autre à la tribune : les deux volets de ce concert suivent un chemin partant de la souffrance humaine à la louange à la Vierge.
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